Lockwood Enhco le 7 mai 2011 à Hautefeuille

Didier Lockwood

 Une passion avant tout

1956. Calais. Didier Lockwood vient agrandir une famille d’artistes. Son père est instituteur et professeur de violon, sa mère peintre amateur et son frère aîné Francis un talentueux pianiste en herbe, très attiré par le jazz. Tout jeune, Didier se passionne pour l’instrument paternel et entre au Conservatoire à l’âge de 6 ans.

 Un rythme acharné

En plus de l’école, des compétitions de natation, le jeune violoniste suit quotidiennement les cours du Conservatoire et de son professeur particulier. Il reçoit l’enseignement difficile de l’excellente méthode Karl Flesh qui permet à l’élève un formidable délié des doigts de sa main droite. Cette technique lui sera salutaire pour aborder le jazz.

Un énorme potentiel

Didier Lockwood intègre l’Orchestre lyrique du Théâtre Municipal de Calais à 13 ans. Il en a 16 lorsqu’il se voit doublement récompensé de ses efforts et de sa virtuosité. Il remporte le Premier Prix du Conservatoire National de Calais et le Premier Prix national de musique contemporaine de la SACEM pour sa composition pour violon préparé.

 Le choix de la liberté

Le violoniste admire la musique classique et ses grands compositeurs. Une nouvelle passion va pourtant s’emparer de lui : la musique improvisée et le jazz, auxquels son frère l’initie. Il découvre à cette époque une autre approche de la musique axée sur la tradition orale. Bien qu’il soit reçu premier à l’examen final de l’Ecole Normale de musique à 17 ans, il ne tentera pas l’entrée au Conservatoire National de Paris, happé par un démarrage professionnel fulgurant au sein du groupe mythique Magma.

 Inspiration « électrique »

Les sources d’inspiration de Didier Lockwood sont nombreuses. Il y a la musique classique et les grands noms du jazz et du Blues (Coltrane, Monk, Ayler, Jimmy Hendrix, Franck Zappa etc.), sa région natale (les paysages sauvages de la Côte d’Opale… ceux des usines textiles de Calais), et plus tard les musiques traditionnelles orales, ethniques et du monde qu’il découvrira au fur et à mesure de ses tournées. Pour l’heure, début des années 70, Magma le fascine et le pionner Jean-Luc Ponty, qui ouvre une nouvelle dimension au violon, lui donne le goût de l’instrument électrifié.

 Magma

En 1973, le groupe jazz-rock Magma recherche de nouveaux musiciens. Didier Lockwood passe une audition auprès du leader Christian Vander et intègre le groupe ! Le rêve devenu réalité s’amplifie avec de nombreuses tournées à travers l’Europe. Le groupe connaît un succès phénoménal ! Le violoniste enregistre entre temps l’album « Lockwoods » avec son frère Francis. L’aventure « magmalienne » s’achève en 1977.

Stéphane Grappelli

En 1976, Didier Lockwood est engagé dans le big band de Michel Colombier. Au cours d’un concert en hommage à Stéphane Grappelli, Didier Lockwood se fait remarquer par le grand violoniste. A la fin du concert Stéphane Grappelli invite le jeune Didier à l’accompagner dans ses futures tournées. Fort de ce parrainage, Didier Lockwood se voit propulsé sur la scène internationale du jazz ; il se retrouve ainsi à l’âge de 21 ans invité par le célèbre pianiste Dave Brubeck sur la scène du Carnegie Hall de New York. Il se lance alors dans une brillante carrière soliste. Lors d’un concert au Théâtre de la Ville de Paris, Stéphane Grappelli, considéré comme son père spirituel, lui remet symboliquement le violon de Michel Warlop, perpétuant ainsi la chaîne des violonistes de jazz français.

Groupes et rencontres

Avec son ami le producteur Jean-Marie Salhani à ses côtés, Didier Lockwood mène une carrière brillante et éclectique. Tout s’enchaîne : rencontres, albums, tournées mondiales, récompenses prestigieuses. Il construit différentes formations dont le célèbre DLG. Il enregistre ses albums avec Christian Escoudé, Philippe Catherine, Martial Solal, Gordon Beck, NHOP etc. Il partage les scènes et les festivals les plus célèbres avec des musiciens talentueux comme Michel Petrucciani, Aldo Romano, André Ceccarelli, Jean Paul Céléa etc.. Il collabore avec Barbara, Nougaro, Richard Bohringer, Jacques Higelin…. Il est en 1985 la tête d’affiche de cinq concerts à l’Olympia où il joue avec son Quartet de l’époque et UZEB ; en 2003, La Cité de la Musique lui donne Carte blanche pour se produire avec cinq formations différentes… Outre Atlantique, où il séjournera à plusieurs reprises, il enregistre en 1985 Out of the Blue, avec Billy Hart, Gordon Beck et Cecil Mc Bee, qui lui vaut le Prix Charles Cros, le Grand Prix de la SACEM et les Victoires de la Musique. Il s’entoure de Dave Holland, Peter Erskine, David Kikoski, Mike Stern, Gil Goldstein et Dave Liebman pour Didier Lockwood New-York Rendez-vous (1995). Il joue en compagnie de Miles Davis, de Lenny White et Marcus Miller au Blue Note. Il collabore avec Herbie Hancock, Elvine Jones, les frères Marsalis…

 Composition classique

Le jazzman n’en oublie pourtant pas la musique classique. En 1996, il crée son premier concerto Les Mouettes en trois mouvements pour violon électro-acoustique et orchestre symphonique, avec l’Orchestre National de Lille, placé sous la direction de Jean-Claude Casadesus. Le concerto sera joué en 1997 à la Salle Pleyel et au Midem. En 1999, il joue l’ensemble de son oeuvre symphonique au théâtre des Champs Elysées. Son concerto de piano est interprété dans le monde entier. Les Grands solistes du Monde Classique lui passent commande… il compose en 2000 un concerto de violon pour le célèbre violoniste Maxim Vengerov. Un an plus tard, Lionel Jospin lui donne Carte Blanche pour la création de Souvenir du futur, interprété par l’Orchestre National de France accompagné d’un big bang, dans les jardins de l’Hôtel Matignon. Il compose également un opéra jazz : Journal d’un Usager de l’Espace II, sur un livret de Georges Pérec, créé en 1999 à l’Opéra Bastille et Libertad, un opéra latino en péruvien, commandé par Radio France qui sera créé au festival de Montpellier en 2005. En 2003, il enregistre un cycle de 13 mélodies, qu’il compose pour la Soprano Caroline Casadesus, avec l’Orchestre Symphonique d’Omsk (Sibérie), sous la direction d’Evegeny Shestakov.

 Danse et cinéma

Didier Lockwood ne cesse d’explorer de nouveaux champs de création. Il crée en 2001 le spectacle « Omkara » avec le danseur indien Raghunath Manet. Les représentations au Cirque d’Hiver affichent complet ; la tournée qui suit rencontre un véritable succès populaire. Pour le cinéma, il compose en 1991 la B.O. de Lune froide de Patrick Bouchitey. En 2003, il crée la musique du long-métrage d’animation Les enfants de la pluie de Philippe Leclerc, pour Nada chez MK2 Music.

Le Jazz & La Diva

Du 25 mai au 30 juin 2005 à la Pépinière Opéra Paris, du 12 octobre au 31 décembre 2006 à la Gaité Montparnasse, il rencontre un véritable triomphe avec « le Jazz et la Diva ». Nomination aux Victoires de la Musique 2006, puis « Molière 2006 » du meilleur spectacle musical aux côtés de Caroline Casadesus et Dimitri Naiditch, dans une mise en scène d’Alain Sachs. Ce spectacle explosif raconte avec humour la rencontre surprenante entre le violoniste de jazz et la chanteuse lyrique, et la cohabitation apparemment improbable de leurs deux univers musicaux. Reprise au théâtre Tristant Bernard du 3 novembre 2006 au 6 janvier 2007 qui affiche complet. Sortie en octobre 2006 de l’album des œuvres musicales extraites du spectacle.

Album « For Stephane »

« Stéphane Grappelli est un musicien majeur dans l’histoire de la musique. Il est impossible que son nom s’efface de la mémoire collective. Je lui portais une grande tendresse et admiration. J’étais comme il m’appelait toujours son « Petit fils ». Il était un peu comme mon grand-père que je n’avais plus. Cet enregistrement est une façon de nous rassembler, nous tous musiciens et amis qui l’aimions tant, pour raviver son souvenir. Le nombre impressionnant d’artistes ayant répondu avec enthousiasme à ma proposition de participer à ce projet, explique la longueur de l’album. J’ai choisi de garder tous les morceaux au regard de la qualité de chaque interprétation. Les compositions présentes dans ce CD retracent une étape importante de la vie de Stéphane Grappelli justifiant ainsi qu’elles figurent toutes dans cet enregistrement. Et puis quand on aime, on ne compte pas ! »

Didier Lockwood

THOMAS ENHCO

Thomas Enhco est né à Paris le 29 septembre 1988. Il commence le violon à 3 ans et le piano à 6 ans, étudie le classique et le jazz dans les deux instruments, écrit ses premières compositions et donne ses premiers concerts au sein d’un groupe d’enfants. En 1998, à l’âge de neuf ans, il est invité par Didier Lockwood à jouer au festival de Jazz d’Antibes Juan-les-Pins.

À 10 ans, il interprète de petits rôles dans des films ; à 12 ans, il entre au Centre des Musiques Didier Lockwood en piano et violon. Il étudie le piano classique avec la concertiste Gisèle Magnan, et intègre le CNSMDP en Jazz et Musiques Improvisées à 16 ans.
À 14 ans, il forme son propre groupe, Thomas Enhco & Co, puis il compose et enregistre son premier album, Esquisse (parrainé par Peter Erskine), paru en mars 2006 chez Ames/Harmonia Mundi ; la même année, il est élu Talent du Fonds d’Action Sacem.

Depuis, il donne de nombreux concerts en France et dans le monde entier (Chine Japon, Cambodge, Philippines, USA, Maroc, Algérie, Liban, Burkina-Faso…), au piano comme au violon, et est régulièrement l’invité des chaînes de radio et de télévision françaises.

Il a joué aux côtés de musiciens tels que Peter Erskine, Mike Stern, Billy Cobham, Martin Taylor, André Ceccarelli, Toots Thielemans, Niels-Henning Ørsted Pedersen, Biréli Lagrène, Étienne Mbappé, Sylvain Luc, Johnny Griffin, Hein Van de Geyn ou encore Maxim Vengerov, Vadim Repin, Jane Birkin…

Il crée le spectacle Le Jazz et la Diva Opus II, mis en scène par Alain Sachs (plus de 200 représentations en France), et fait partie du nouveau groupe Didier Lockwood and The Jazz Angels.

En 2010, il compose la bande originale du film Aux Arts, Citoyens !.

Lors d’une tournée au Japon en 2008, il est repéré par Itoh « 88 » Yasohachi, l’un des plus grands producteurs de jazz japonais, qui décide de produire son deuxième album, Someday My Prince Will Come, sorti en juillet 2009 au Japon (Blue in Green/Universal) et en mars 2010 en France (Ames/Harmonia Mundi).

Avec son nouveau trio de jeunes musiciens (Nicolas Charlier à la batterie et Chris Jennings à la contrebasse), Thomas Enhco explore et mélange les éléments qui font sa culture (jazz, musique classique, pop/rock) avec une intelligence et une énergie fantastiques.

Il forme également un duo explosif (piano et marimba) avec la jeune percussionniste classique Vassilena Serafimova.

En octobre 2010, Thomas Enhco remporte le 3ème prix du Concours international de piano jazz Martial Solal. En novembre 2010, il remporte le Django d’Or « Nouveau Talent » pour son album Someday My Prince Will Come.

David Enhco

David Enhco est né à Paris 12 Septembre 1986 dans une famille d’artistes. Imprégné dès son plus jeune âge de musique et de livres, il commence l’étude des percussions à cinq ans. À sept ans, décide de se consacrer à la trompette. Il suit dès lors une double formation, classique et jazz.

Il se produit très tôt à l’occasion des fêtes de villages de Seine-et-Marne avec le « Little Jazz Band », un groupe d’enfants âgés de six à dix ans dans lequel il joue aux côtés de son frère. Les festivals de Douai, Belfort, Samois… accueillent cette formation qui stupéfie déjà les auditeurs par son enthousiasme et son instinct musical, puis Didier Lockwood l’invite à jouer quelques morceaux avec lui lors de concerts à la Salle Pleyel et au Théâtre des Champs Élysées.

A quinze ans, David entre au CMDL (Centre internationale des Musiques improvisées Didier Lockwood). Il y étudie pendant quatre ans avec les plus grands musiciens français et internationaux.
Parallèlement, il travaille la trompette classique avec Pascal Clarhaut (trompettiste soliste de l’Opéra de Paris).
Soliste classique, il s’est notamment distingué à plusieurs reprises dans le concerto de Haydn, dans « Intrada » de Honegger, ainsi que dans des œuvres de Vivaldi, Corelli et Haendel.

Depuis 2005, David se produit, au sein du quartet formé par son frère Thomas lors de nombreux concerts en France et à l’étranger (festivals de Jazz de Samois-sur-Seine, Montauban, Orléans, Capbreton, Barcelonnette, Hardelot, Jazz en Touraine, Vauvert, Sunset-Sunside, New Morning… IAJE de New York (USA), Siem Reap (Cambodge), Festival de Jazz de Manille (Philippines), d’Avigliana (Italie), Tokyo Jazz Festival 2008 (Japon), Alger et Oran (Algérie)…)

A partir de 2006, Didier Lockwood décide de former un nouveau groupe : « Didier Lockwood and the New Generation » et invite David Enhco, Thomas Enhco, ainsi que Nicolas Charlier et Zacharie Abraham pour l’accompagner dans des concerts et tournées en France (festivals de jazz de Vienne, Marciac, Calvi, à l’Olympia, au Trianon, à la Halle aux Grains de Toulouse, au Théâtre du Châtelet (25 ans du Sunset), aux Django d’Or, aux Victoires du Jazz, à la Comédie des Champs-Élysées (30 ans du Fonds d’Action Sacem, au Théâtre des Champs Élysées…) et à l’étranger (Washington (USA), Sibiu (Roumanie), Shanghai, Wuhan, Pékin (Chine)…).

Séduit par le son du jeune trompettiste, Didier Lockwood l’invite à participer à ses disques « Globe Trotter » et « For Stéphane » ainsi qu’à l’enregistrement de plusieurs musiques de film (« Les Enfants de la Pluie », « La Reine Soleil », « Terres de Lumière »)

On peut également l’entendre dans le premier album de son frère « Esquisse » sorti début 2006 chez Ames, distribué par Harmonia Mundi.

En janvier 2007, Didier, David, Thomas, Nicolas et Zacharie vont à New York pour l’IAJE (congrès mondial pour l’éducation du jazz) puis se produisent à Washington.
Ils vont ensuite jouer en Roumanie puis font une tournée au Maroc en mars et en Chine en mai.
Avec le quartet, David part la même année au Cambodge, aux Philippines et en Italie et est programmé dans les festivals d’Orléans, Barcelonnette, Montauban, Hardelot, Capbreton, Avigliana (Italie), Jazz en Touraine…

En 2008, après des concerts en France, au Portugal, et en Algérie, David Enhco a joué sur la scène du théâtre de la Gaité Montparnasse du 8 octobre au 11 avril 2009 dans « Le Jazz et la Diva Opus 2 », mis en scène par Alain Sachs et aux côtés de son frère Thomas Enhco, de Caroline Casadesus et Didier Lockwood : 125 représentations, 40 000 spectateurs !

En avril 2009, il participe avec l’équipe du « Jazz et la Diva Opus 2 » à la création des « Django d’Or » en Afrique, dont la première édition a eu lieu au Burkina Faso, à Ouagadougou.

David Enhco a joué aussi aux côtés d’artistes tels que Martin Taylor, André Ceccarelli, Biréli Lagrène, Rhoda Scott, Sylvain Luc, Johnny Griffin et en première partie de Dee Dee Bridgewater, Ron Carter, McCoy Tyner, Billy Cobham.